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Fiche · Le jour J

Gérer un ultra : la nuit, le sommeil, les bases de vie

Au-delà d'une nuit de course, tes jambes ne décident plus seules : le sommeil, le froid et les arrêts pèsent autant. Ta stratégie dépend surtout d'un chiffre, le nombre de nuits que ta course va traverser. Voici ce qui se prépare avant, et ce qui se joue sur place.

4 minutes de lecture

1. Ce qui change au-delà d'une nuit

Le manque de sommeil

Il rend l'effort plus dur, et trouble ton attention et ton équilibre. Après deux nuits, les hallucinations et les chutes deviennent fréquentes. La nuit, entre minuit et 5 heures, le sommeil frappe le plus fort.

Le froid et les arrêts

La nuit refroidit, et chaque arrêt aussi : épuisé et immobile, tu perds ta chaleur très vite. En base de vie, le temps file, et les minutes perdues s'additionnent.

Une nuit de course De 18 heures à midi le lendemain. Entre minuit et 5 heures, le creux : le sommeil frappe le plus. Si le sommeil devient irrésistible, une micro-sieste de 10 à 20 minutes. Une nuit de course le creux micro-sieste : 10 à 20 min 18 h minuit 5 h midi entre minuit et 5 h, le sommeil frappe le plus
Schéma de principe : le creux de la nuit, et la micro-sieste quand le sommeil devient irrésistible.

2. Ta stratégie selon le nombre de nuits

Ta courseCe que font la plupart des coureursTon repère
Une nuit (24 à 30 h)Ils ne dorment pasPas de sommeil prévu ; une micro-sieste seulement si le sommeil devient dangereux
Deux nuits (36 à 60 h)La moitié environ dort, 40 min à 1 h 20 au totalUne ou deux micro-siestes, dans le creux de la nuit
Trois nuits et plusPresque tous dorment, 1 h 30 à 4 h au totalDes pauses sommeil prévues à l'avance, en base de vie

3. Avant la course

4. La nuit en course

Quand le sommeil arrive

Attends-toi au creux entre minuit et 5 heures. Une petite prise de caféine aide à le passer. Quand le sommeil devient irrésistible, une micro-sieste de 10 à 20 minutes, couvert, dans un endroit sûr, puis repars en marchant le temps de te réveiller.

Quand il devient dangereux

Hallucinations, chutes à répétition, yeux qui se ferment en marchant : arrête-toi pour dormir dans un endroit sûr, au chaud. Insister te met en danger, surtout sur un sentier exposé.

Compte tes prises : au moins 3 heures entre deux, au plus 200 mg par prise et 400 mg par 24 heures, même sur un ultra.

5. En base de vie

Arrive avec ta liste, et suis-la dans l'ordre :

  1. Couvre-toi, avant même de t'asseoir : immobile, tu refroidis vite.
  2. Mange, selon ta stratégie : du sucré, du salé, du chaud, ce qui passe (fiche La nutrition en course).
  3. Soigne tes pieds : chaque échauffement dès qu'il apparaît, chaussettes sèches si besoin (fiche Préparer ses pieds).
  4. Remplis ton sac : eau, nutrition jusqu'au prochain ravitaillement, frontale, couche chaude.
  5. Repars, en marchant d'abord, le temps de te réchauffer.

6. Dans la tête

Attends-toi aux creux : ils passent, et l'envie revient souvent après un ravitaillement, un lever de soleil ou une nuit traversée. Découpe la course en étapes, jusqu'au prochain ravitaillement. Et parle-toi comme tu parlerais à un ami : des phrases d'encouragement, dites dans ta tête, aident à tenir l'effort.

Pas d'anti-inflammatoires en course : ils mettent tes reins et ton tube digestif en danger. Et après une ou deux nuits sans dormir, ne conduis pas en sortant de la course : fais-toi ramener, ou dors d'abord.

En coaching individualisé

7. Les pièges à éviter

À retenir. Ta stratégie dépend du nombre de nuits : pas de sommeil prévu sur une nuit, une ou deux micro-siestes sur deux, des pauses prévues au-delà. Allonge tes nuits la semaine d'avant, une prise légère de caféine au départ et le reste pour la nuit, et suis ta liste en base de vie : te couvrir, manger, soigner tes pieds, remplir, repartir. Les creux passent.