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Fiche · Nutrition et hydratation

Hydratation et sodium

Sur les courses longues à allure modérée, ta soif est un bon guide. Le vrai danger n'est pas toujours de manquer d'eau : trop boire expose à l'hyponatrémie, et le sel ne suffit pas à s'en protéger. Voici comment boire juste.

4 minutes de lecture

1. Ta soif, un bon guide

Comment ça marche

Ta soif est réglée par ton organisme sur la concentration de ton sang. Quand elle monte, tu as soif. Sur une course longue à allure modérée, boire à ta soif est sûr, et tu ne cours pas moins vite qu'en suivant un plan de boisson fixe.

Quand elle peut traîner

Par forte chaleur, à haute intensité ou si tu transpires beaucoup, ta soif peut rester en retard sur tes pertes. En altitude, elle s'émousse alors que tu perds plus d'eau (air sec, respiration plus rapide). Dans ces cas, garde ta boisson à portée de main et bois dès que l'envie vient, sans attendre le ravitaillement.

2. Le vrai danger : trop boire

Boire plus que ce que tu perds dilue le sodium de ton sang : c'est l'hyponatrémie d'effort. Elle peut être grave, et sa cause principale est de trop boire, même une boisson salée. La situation type : une course longue, une allure lente, et un verre bu à chaque ravitaillement « par précaution ».

Ton poids pendant une course longue Une échelle. À gauche du poids de départ, un peu de poids perdu : c'est normal. À droite, du poids pris : signal d'alerte, tu bois trop. Ton poids pendant une course longue Un peu perdu : normal Pris : alerte ton poids de départ ← tu perds tu prends →
Perdre un peu de poids pendant une course longue est normal ; en prendre veut dire que tu bois trop.

Les signes d'alerte : prise de poids pendant la course, mains et doigts gonflés, bagues serrées, nausées, maux de tête, confusion. Arrête de boire et signale-le au poste de secours. Ne compense surtout pas en buvant davantage.

3. Connaître tes pertes

En sortie longue, avec ton matériel de course (flasques, poche à eau), repère combien tu bois réellement par heure. Et pèse-toi avant et après une sortie au chaud, sans vêtements mouillés : l'écart, plus ce que tu as bu, donne tes pertes de sueur.

Exemple : sortie de 1 h 30 au chaud
Poids avant70,0 kg
Poids après68,6 kg
Bu pendant la sortie0,6 L
Pertes de sueur1,4 + 0,6 = 2 L, soit environ 1,3 L par heure

Ce chiffre ne se compense pas litre pour litre : c'est un repère. Il te dit si tu transpires beaucoup, et sert à calculer ton sodium. Et si tu reviens plus lourd que tu n'es parti, tu as trop bu.

4. Avant la course

La veille

Bois normalement, à ta soif. Boire des litres ne stocke rien : tu urines le surplus, et tu dors moins bien.

Le matin

5 à 10 mL par kilo dans les 2 à 4 heures avant le départ, soit 350 à 700 mL pour 70 kg. Des urines claires à pâles au départ montrent que tu es bien hydraté. Ensuite, à ta soif.

5. Le sodium, en bref

Rien de systématique sous 3 heures, sauf par forte chaleur : une boisson d'effort salée dès la première heure. Au-delà de 3 heures, 500 à 700 mg de sodium par litre bu, davantage par forte chaleur. Le sodium t'aide à garder l'eau que tu bois, mais il ne te protège pas si tu bois trop. Le détail, avec le calcul de ta dose : fiche Le sodium.

6. Les crampes : ni l'eau, ni le sel

Les crampes d'effort sont surtout liées à la fatigue du muscle. Elles touchent davantage ceux qui partent plus vite que prévu, et ceux qui en ont déjà eu. Boire plus ou saler plus n'y change rien de façon démontrée. Sur le moment, étire doucement le muscle jusqu'à ce que la crampe passe ; pour la suite, une allure plus prudente et un muscle mieux préparé.

En coaching individualisé

7. Les pièges à éviter

À retenir. Sur les courses longues à allure modérée, bois à ta soif, sans te forcer. Le vrai danger est de trop boire : prendre du poids en course est un signal d'alerte, et le sel ne t'en protège pas. Connais ce que tu bois et ce que tu perds, et au-delà de 3 heures, 500 à 700 mg de sodium par litre bu.