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Fiche · S'équiper

Les bâtons en trail : quand et comment

Les bâtons ne sont pas un accessoire de confort. Bien utilisés, ils font travailler tes bras pour soulager tes jambes : ils te poussent en montée et préservent tes cuisses en descente. Mal utilisés, ils deviennent un poids inutile qui encombre. Voici comment t'en servir avec méthode.

3 minutes de lecture

1. Ce qu'ils apportent, ce qu'ils coûtent

Ce qu'ils apportent

  • En montée raide : tes bras prennent une partie du travail de tes jambes, sans te faire dépenser plus d'énergie. L'effort paraît souvent moins dur, et tu montes un peu plus vite quand tu pousses fort.
  • En descente marchée : ils freinent avec toi. Moins de charge sur tes genoux, moins de courbatures les jours suivants, et un appui de plus quand le terrain est instable.

Ce qu'ils coûtent

  • Sur le plat et en pente douce : tes bras travaillent pour rien. Les bâtons te coûtent un peu plus d'énergie qu'ils ne t'en font gagner.
  • Sur une course courte et rapide : ils encombrent plus qu'ils n'aident.
  • Sans technique : portés passivement ou plantés à contretemps, ils n'apportent rien.

Le bénéfice est le plus net sur les courses longues et pentues, où tu marches beaucoup, et quand tes bras et tes épaules sont entraînés.

2. Quand les sortir, quand les ranger

Sortis ou rangés selon le terrain Un profil de course. Sur le plat et les portions courues : bâtons rangés. Dans la montée raide : sortis, tu pousses. Dans la descente marchée ou technique : sortis, ils freinent avec toi. rangés rangés rangés sortis : tu pousses sortis : ils freinent Ton profil de course
Sortis dans les montées raides et les descentes que tu marches ; rangés sur le plat et dans ce que tu cours.
SituationSortisRangés, ou tenus en main
Ta courseLongue et pentue : plus de 4 à 5 heures, plus de 1 500 à 2 000 m de dénivelé positif, de longues montées et descentesCourte et rapide : moins de 2 heures, peu de dénivelé
En montéePentes raides, au-delà de 15 à 20 % : tu marches et tu poussesPentes douces que tu cours, sous 8 % environ
En descenteLongue ou technique, quand tu marchesCourte et roulante, sentier étroit : gêne et risque de chute
Sur le platEn ultra, en fin de course, quand la fatigue t'oblige à marcherPartout ailleurs : ils te ralentissent
Passages techniquesRochers stables : un appui pour l'équilibreMains nécessaires, échelles, câbles, passages exposés : range-les impérativement

Ces seuils sont des repères de terrain, pas des règles fixes : ton niveau, ta fatigue et le sol comptent aussi.

3. Le réglage et la prise en main

La hauteur

Point de départ : sur le plat, pointe au sol près de ton pied, ton coude fait un angle droit. Puis, si tes bâtons sont réglables : 5 à 10 cm plus courts dans les montées raides, 5 à 10 cm plus longs dans les descentes. Sur une course longue au terrain varié, un réglage intermédiaire t'évite de les régler sans cesse.

La dragonne et la poignée

Passe la main dans la dragonne par en dessous, puis saisis la poignée : c'est la dragonne qui transmet la poussée, ta main n'a pas besoin de serrer. Une prise ferme mais pas crispée : serrer fort fatigue ton avant-bras pour rien.

Choisis : des bâtons pliables se rangent sans t'arrêter ; des bâtons réglables s'adaptent à la pente. Répète les gestes : les sortir, les déplier, les replier et les ranger en marchant, jusqu'à le faire sans y penser.

4. La technique selon la situation

SituationLe bon gesteL'erreur à éviter
Montée, en alternancePlante le bâton près de tes pieds, à peine devant, du côté opposé au pied qui avance. Pousse vers le bas et l'arrière jusqu'au bout du bras, buste légèrement penché en avant.Planter loin devant : tu te retiens au lieu de pousser.
Montée très raide, les deux ensemblePlante les deux bâtons en même temps, un de chaque côté, et pousse avec les deux bras : plus puissant quand la pente est forte.Rater le rythme avec tes pas.
DescentePlante-les un peu devant toi et écartés, pour freiner et garder l'équilibre ; laisse tes bras amortir. Le regard loin devant.Planter trop loin devant (chute en avant), ou derrière toi (aucun appui).
Plat, portions couruesRange-les sur ton sac, ou tiens-les par le milieu, pointes vers l'arrière et vers le bas.Continuer à planter : tu casses ton rythme et tu dépenses pour rien.

5. Le règlement et la sécurité

Certaines courses interdisent les bâtons, sur tout ou partie du parcours ; d'autres t'obligent à les garder jusqu'à l'arrivée si tu pars avec. Lis le règlement. Dans un peloton, porte-les pointes vers le bas : pointes vers l'avant, elles menacent les coureurs autour de toi.

En coaching individualisé

6. Les pièges à éviter

À retenir. Les bâtons s'apprennent à l'entraînement, pas en course. Sors-les dans les montées raides et les descentes que tu marches, range-les sur le plat et dans ce que tu cours. Règle-les coude à angle droit, passe la main dans la dragonne, et automatise le rangement avant le jour J. Et lis le règlement de ta course.